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Collection N°2

Papiers d’agrumes

  • Collection Aloyse Margot, Madeleine Thévoz et Joseph Stojan
  • Nombre de pièces environ 2400
  • Provenance monde entier, avec une prédominance de l’Espagne et l’Italie
  • Pièce la plus ancienne années 1920
  • Lieu de dépôt mudac – musée de design et d’arts appliqués contemporains, Lausanne, Suisse
  • Particularité les collections de A. Margot et M. Thévoz ont fait l’objet d’une exposition au mudac (Passions d’oranges, papiers d’agrumes, 2008)

Aloyse Margot (1914-1996), Madeleine Thévoz (1922-2010) et Joseph Stojan ont pelé des oranges, le regard plongé dans celui de l’exotique cueilleuse ou du minot jovial. Aloyse Margot, la plus systématique, a classé ses carrés de soie par catégories. Madeleine Thévoz, la plus vagabonde, a retrouvé les saveurs et les couleurs de ses voyages dans les motifs des papiers. Joseph Stojan, graphiste à l’oeil curieux, a succombé aux charmes de ces « belles images » lorsqu’une amie âgée lui offre en 1972 la moitié de sa collection. Tous trois ont fait don de leurs papiers d’agrumes au mudac, les préservant ainsi d’un oubli définitif.

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vitamine orange

Sur les papiers, l’accent est mis sur le caractère vitaminé de l’agrume qui séduit la mère de famille soucieuse de l’équilibre nutritionnel de sa progéniture. Les personnages de contes ou de dessins animés sont aussi d’excellents arguments pour inciter les enfants à faire le plein de vitamine C.

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orange à noël

Jusqu’au milieu du XXe siècle, les classes les moins aisées consomment uniquement l’orange lors d’occasions spéciales. Qui n’a jamais entendu ses grands-parents ressasser le bon vieux temps où l’orange emballée était le seul cadeau de Noël qu’ils recevaient ? Encore aujourd’hui, l’image du papier d’agrumes est associée à la période de Noël quand les oranges et autres clémentines emballées arrivent sur les étals des maraîchers.

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précieuses agrumes

Les premiers papiers d’agrumes apparaissent à la fin du XIXe siècle, alors que l’orange commence à devenir un produit courant. À cette époque, l’orange est un fruit fragile qui exige une cueillette à maturité et donc s’abîme rapidement. Le papier protège l’écorce des chocs causés par les voyages en bateaux en provenance d’Italie ou d’Espagne.

Le papier imprimé devient rapidement une vitrine publicitaire pour les producteurs et les distributeurs. Les oranges défilent sur les étals des marchands, emballées de robes aux couleurs et motifs ensoleillés. C’est un tel engouement que citrons et pamplemousses bénéficient aussi de l’emballage, bien que ce ne soit pas nécessaire.

Dès les années 1980, les traitements aux fongicides et à la cire améliorent la résistance de l’orange et rendent son emballage inutile. De nos jours, quelques exploitants maintiennent la tradition du papier d’agrumes qui est utilisé comme élément décoratif.

Les papiers d’agrumes sont l’expression des mythes et des représentations populaires autour de l’orange. Oranges juteuses, paysages et beautés méditerranéens, « têtes de nègres » ou enfants bien portants : les thèmes illustrés évoquent l’exotisme de l’orange, ses qualités gustatives ou ses bienfaits sur la santé.

Le papier décoré rappelle aussi ce côté précieux de l’orange que nos grands-parents recevaient comme cadeau de Noël. Aujourd’hui, la consommation de l’orange est devenue complètement banale et associée au réflexe-santé du plein de vitamines.

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